Les îles du Pacifique comptent environ 1500 langues vivantes, soit environ 25 % de la diversité linguistique mondiale, dont une grande partie sont menacées de disparition. Consciente de la responsabilité de conservation que confère un patrimoine aussi inestimable, et de l’importance d’adopter une approche inclusive et respectueuse des communautés pour la pleine réussite des projets qu’elle mène, la Communauté du Pacifique est fière de présenter Tok Pasifika. Accessible à tous, il s’agit du premier réseau de prestataires linguistiques couvrant plus de 20 langues océaniennes. Ce registre offre une large diversité de services tels que la traduction, l’interprétation, la transcription, le voice-over et plus encore.
Pourquoi c’est important ?
« Sans ma langue, je ne suis rien », déclare avec force Dr Michael Mel, universitaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont la langue maternelle est le melpa, une des quelques 840 langues vivantes de ce pays. En effet, les langues sont bien plus que des outils de communication : elles sont le fondement de notre identité et l’expression de notre façon de voir le monde qui nous entoure. En cela, elles sont des conservatoires culturels au cœur du patrimoine à transmettre aux générations futures.
A Nauru, Tre Dabwido rappelle que son peuple a frôlé l’extinction à deux reprises dans son histoire, ayant dû à chaque fois ramener la population au-dessus de 1500 pour être reconnu en tant que tel. « La survie, voire l’essor de notre langue au sein d’une population atteignant désormais 12 000 personnes témoigne de sa résilience à l’épreuve du temps et à l’image de l’Océanie. », souligne-t-elle en défendant le dorerin Naoero, la langue nauruanne.
Pour Victoria Jamore, fille des Îles Marshall fière de ses origines, la langue incarne l’âme même de son peuple. Le nom même des îles Marshall illustre bien ce rapport au monde : à première vue, Aelon̄ Kein Ad signifie simplement « nos îles ». Mais en creusant un peu, d’autres couches de sens se déploient comme une natte tressée : Ae pour l’océan, lon̄ pour le ciel, Kein pour la terre et Ad pour les nôtres. « Quel plus bel exemple pour nous rappeler que nous ne faisons qu’un avec notre environnement ! », explique Victoria. « Notre langue reflète notre unité et notre rapport au monde environnant. »
Comment utiliser Tok Pasifika ?
Conçu comme un outil pratique pour la production de supports d’information en langues du Pacifique, Tok Pasifika se présente sous la forme d’une liste des services proposés dans plus de 20 langues du Pacifique insulaire, dont le bislama, le chamorro, le chuuk, le fidjien, l’hindi des Fidji, la langue de Kiribati, le maori des Îles Cook, le marshallais, le nauruan, la langue de Niue, le palauan, le pidgin des Îles Salomon, le rotuman, le samoan, le tahitien, le tok pisin, le tokelauan, le tongien et le wallisien. Le tableau est équipé de filtres pour affiner sa recherche par langue source, langue de destination et type de prestation.
Les porteurs de projet sont invités à faire appel directement au prestataire de son choix : la CPS n’assure ni la fourniture ni la coordination des services.
Pour l’utiliser :
Pour aller plus loin : ressources disponibles